Misogynie Légitime
Les milles et une raisons d’éviter la plage
Le journal de l’été à Capbreton
Le numéro 6 du 18 aout 2000
Le ciel est gris. Il est sept heures. J’ai été réveillé par une rafale de coups de sonnette. Une telle insistance est bien mal venue, si tôt le matin. C’était une femme, vous savez, une de ces créatures capables de faire jouir et d’émouvoir aux larmes, de procréer, ou de vous mener très calmement, à l’abattoir. La liste n’est pas exhaustive, et seule la dernière étape semble systématique.
Quel pouvoir ! Quelle manière désinvolte d’en user ! Voilà qui force le respect, le respect que l’on doit aux souverains capricieux qui envoient dix milles éphèbes à la boucherie, pour conquérir deux hectares de désert, alors qu’il suffisait d’organiser une garden party, pour épanouir son peuple.
L’étalage lascif de tonnes de fesses basanées, pas plus loin que devant chez moi, n’est qu’une des manifestations ostensibles de leur despotisme charnel. Elles détiennent à longueurs d’années, les clefs joufflues de nos désirs, fermement étreintes par la dentelle des froufrous, et nous balancent tout cela à la gueule, un beau matin, sous prétexte qu’il y a un article sur le bronzage intégral dans le dernier Biba.
Imaginent-elles seulement ma détresse, lorsque chaste et virilement réduit par la fraîcheur des eaux, je traverse la plage pour regagner mon antre, et tombe nez à nez avec un couple de tétons dodus, animés par l’étrange ondulation qu’engendrent certains jeux de plages ? Savent-elles ce qu’évoquent ces oscillations ?
Sachez, mesdames que la dynamique des chaires, si elle traduit la fermeté d’un sein, me rappelle immanquablement l’étreinte, et qu’à reproduire le phénomène hors de son contexte canonique, vous risquez de me rendre fou. Les séismes moites qui peuplent les plus fastes de nos nuits, rendent les autres bien fades.
Je me suis senti, plus d’une fois, aussi démuni qu’un enfant de pauvre léchant les vitrines inabordables d’un Noël parisien. Laissez-moi, ma belle, tripatouiller ces beaux joujoux, avant que les fêtes ne passent. Laisser moi posséder un instant, les articles de choix qu’un autre explore par habitude. Par pitié.
Vite vite, allons fricoter sur les toits …
Laisser une réponse
Vous devez etre connecté Pour poster un commentaire

