Le Grand Blues
Les milles et une raisons d’éviter la plage
Le journal de l’été à Capbreton
Le numéro 3 du 31 juillet 2000
Cela fait environ un mois que nous n’avons pas eu de vagues, ou, du moins, ce que les anglophones appellent « a decent wave ». Cette expression me paraît tout à fait appropriée car elle exprime bien l’indécence de la situation. Il y a, quelque part sur une terrasse, un con faramineux qui s’est expatrié, abandonnant famille, patrie et amour, culture et travail pour une dose quotidienne de sauvagerie, d’adrénaline, ou d’un je ne sais quoi d’archaïque. Ce précieux je ne sais quoi, tragiquement dépendant du bon vouloir de la météo lui coûte tout de même suffisamment cher pour que Neptune, le préposé à la gestion des eaux, se remue les fesses et secoue la marre aux canard qui croupit sous son balcon. Et bah non. Neptune s’en fout.
Brassens chantait: « Il y a des jours où Cupidon s’en fout. » décidément ! Que ce soit à l’eau ou au pieu, l’indifférence des Dieux nous accable. C’est elle qui vide les rayons du Leclerc de mes céréales favorites, ou qui grille l’ampoule des toilettes. C’est elle qui ramollit le sable sur lequel je cours, rancit les prunes que je mange, refroidit les femmes que je drague, retarde le RMI que je touche, et touche le dard que je me retire. C’est elle.
Je préfère voir en ces événements, la distraction et l’indolence de nos oncles célestes, plutôt qu’une véritable et consciente envie de nuire.
Sans doute faut il les sortir de leur torpeur divine…
… je ne connais qu’une recette, celle de mes aïeux, celle de la plupart des hommes: Prier.
Dans un moment, après avoir éteint cet ordinateur maudit, j’irai sur mon balcon, à poil, je regarderai le ciel étoilé, et respectueusement , je balancerai ma liste de doléances. On verra bien.
Nicolas Guionnet qui vous embrasse
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