Charogne Végétale
Les milles et une raisons d’éviter la plage
Le journal de l’été à Capbreton
Le numéro 1 du 18 juillet 2000
Qu’appelle-t-on une charogne ? Je ne vous ferai pas l’affront de vous renvoyer au dictionnaire. Nous savons tous qu’il s’agit d’un animal mort. Et quelle est la principale activité d’un animal mort ? Il se décompose. On s’en aperçoit généralement grâce au fétides exhalaisons produites par les réactions chimiques qui accompagnent et définissent le processus. En un mot, ça pue.
Ce que l’Océan m’a appris ces dernières semaines, c’est que certaines plantes n’ont rien à envier à leurs collègues gesticulant. Elles aussi, savent pourrir avec panache. C’est le cas assurément de ces petites algues, qui, non contentes de se fourrer dans tous les recoins chatouilleux d’un corps d’homme, savent aussi s’échouer par tonnes sur le sable. Ça fait des tas marron-verts dans lesquels il fait bon enfoncer le pied. En ce moment, le soleil est en pleine forme et suffit à chauffer ces masses informes, stimulant l’activité d’une armée de bactéries. L’odeur dégagée est, ma foi, tout à fait surprenante, puisqu’elle se décline en une large palette de variantes nauséabondes, que seul mes amis plagistes et leurs chiens scatophiles, semblent tolérer.
Peut être la prolifération de ces algues est-elle due aux engrais déversés par notre agriculture… je l’ignore.
Il faut que je sois honnête, ces derniers temps, cela diminue. J’ai donc tout loisir d’apprécier le parfum subtil des taches de goudrons maculant mes pieds. Marcher sur la plage est un tel plaisir …
Nicolas Guionnet qui vous embrasse …
…Pardonnez l’orthographe…
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