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	<title>Voir le Loup</title>
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	<description>... et lui tirer les moustaches ...</description>
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		<title>Quand j’étais petit, J’étais déjà lâche.</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Feb 2011 22:16:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[La piscine est un lieu impitoyable pour les gros ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_403" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2011/02/lache_sml.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2011/02/lache_sml-300x194.jpg" alt="Les Pieds dans l&#039;Eau" title="Les Pieds dans l&#039;Eau" width="300" height="194" class="size-medium wp-image-403" /></a><p class="wp-caption-text">Les Pieds dans l'Eau</p></div>
<p>Une vocation aussi affirmée que la mienne se doit de présenter, dés l&#8217;enfance, quelque signe précurseur. Ces choses-là sont enracinées. Elles naissent avec le bois dont nous sommes faits et partent en fumée quand on le brule. En exhiber les premières manifestations permet de donner une date au commencement des choses, et de flatter ainsi notre goût des anniversaires. </p>
<p>L’origine de ma lâcheté, si mes comptes sont exacts, pourrait bien se situer aux alentours de l’année 73. J’étais à la piscine avec ma mère, garçonnet de quatre ans, insubmersible et gai, vivant à son insu quelques uns des moments les plus doux de sa vie.<br />
L&#8217;endroit m’était familier, je l&#8217;avais découvert dés mon premier printemps. Sans doute avait-il été décidé que je saurais nager, et plein de bonne volonté, je m&#8217;étais plié au souhait général.<br />
Chemin faisant, les visites hebdomadaires qui s&#8217;étaient succédées avaient fini d&#8217;encrer en moi les sensations particulières qui s&#8217;éprouvent au bain.<br />
Le parfum du chlore, tout d&#8217;abord, en devint la signature. Et il suffit,  aujourd&#8217;hui encore, que je coupe du nez une effluve de Javel, pour renouer avec ce passé glorieux.<br />
Le paysage propre, géométrique et anguleux, couvert du carrelage bleuté dont mes pieds se souviennent, était si différent du reste de mon monde qu&#8217;il offrait une parenthèse inestimable, un exotisme relâché, à l&#8217;embryon affairé que j&#8217;étais déjà.<br />
Ma peau, tout juste libérés de la gangue de tissus et de cuir dont on recouvre les enfants afin qu&#8217;ils restent secs, s&#8217;offrait aux caresses de l&#8217;eau, premières à venir concurrencer celles de maman, et dernières, sans doute, à exercer l&#8217;art du câlin en toute simplicité.<br />
Et je prêtais l&#8217;oreille.<br />
Clapotis à chacun de mes pas dans la salle des douches. Le bassin, et ses baies vitrées, chargée l&#8217;hiver d&#8217;une buée fragile que les doigts aiment à fouler pour dessiner un chat. Cris de joie, petits naufragés piaillant leur peur d&#8217;une baleine, fracas de corps jetés à l&#8217;eau. Au fond, chapelet de bulles, arpège sorti d&#8217;une harpe engloutie, puis, qui pétille à l&#8217;air, gai de le retrouver. </p>
<p>Crevette autodidacte, j’affichais une aisance qui inspirait aux femmes nombres de commentaires. Ma mère, gonflée d’orgueil, n’en flottait qu&#8217;encore mieux.<br />
En sa présence, mon assurance déjà fort natatoire était aussi verbale et j’adressais tout haut à qui voulait entendre mes considérations sur la beauté des eaux ou la couleur des gens.<br />
Un de ces vendredis, se présenta à nos yeux au détour d’une flaque une montagne de chaire aux proportions sphériques (bien qu’enserrée dans un moule-bite rouge-fraise-Tagada.) Je ne me retenus pas.</p>
<p>La piscine est un lieu impitoyable pour les gros.  Plus question ici bas d’accommoder leurs formes à l’étoffe abondante d’un costume sur mesure. Ils ruissellent de graisse au moins autant que d’eau et ce, aux vues de tous. Les mâles sont velus et aggravent leur cas. L’appendice viril, seul à mériter l’honneur d’être dissimulé, brille par son absence. Chacun, en secret, spécule sur sa taille et sur les difficultés qu’a son propriétaire à l’extraire de ses plis.<br />
« Oh maman, regarde comme il est gros le monsieur ! » lâchai-je à deux pas du bonhomme en le montrant du doigt.<br />
Vite, posant une petite claque sur mon épaule nue, ma mère m’interrompit avant que j’en rajoute. Je restai séché là, bouche bée, au seuil du sanglot.<br />
« Allons Nicolas, ne dis pas de choses comme ça ! Ce n’est pas gentil ! » Puis, se tournant vers ma victime avec au visage la désolation qui sied aux incidents diplomatiques : « Pardon monsieur. Il est encore petit. »<br />
L’inoffensif pachyderme, rompu à la gestion des offenses, ne s’indigna pas :<br />
« Je vois bien, ce n’est pas grave. Ne le grondez pas.» répondit-il simplement d’une voix grave et douce. Il fit même l’effort de paraître attendri et amorça un petit rire gloussé. Déjà interrompu dans mon discours, traité comme une virgule, j’étais maintenant humilié.</p>
<p>Je dois pour être honnête avouer que cette histoire m’a été contée. J’étais trop petit au moment du drame pour qu’il s’imprime durablement. J’ignore donc combien de temps j’ai médité, battant l’eau de mes pieds, assis sur un rebord, tandis que les « reflets dansants » chers à tous les auteurs de niaiseries aquatiques, me distrayaient les yeux.<br />
Ai-je été triste pour le gros ? Ou l’ai-je été pour moi, incapable encore d’ouvrir la bouche sans que les grands n’en rient ? Ai-je cherché un moyen, comme le suggère la suite, d’atténuer le malaise ?<br />
J’aime à penser qu’à ce moment précis, je posai une pierre importante aux fondations de ma peur sociale, peur si terrible qu’aujourd’hui encore, je peine à marcher dans Paris déguisé en lapin.</p>
<p>Bouquet final :<br />
A la sortie du bain, rencontre malheureuse,  à un jet de crotte de nez de notre ami obèse &#8230;<br />
… et moi de conclure, aussi fort que permit ma voix de souriceau :<br />
« Oh ! Regarde le monsieur maman, comme il est pas gros ! »</p>
<p>Epilogue :<br />
A peine cinq ans plus tard, à force d’attentions maternelles et de sodas sucrés, je devins moi-même obèse. Les copains m’appelèrent alors naturellement « Grosse Patates », les filles (surtout les jolies), « Epais de la Gueule » ou plus familièrement « Epais. » Je m’initiai, moi aussi, à l’art de gérer les offenses. S’ajoutèrent alors bien d’autres pierres à l’édifice. Je devins ainsi, petit à petit, véritablement lâche, et revendique aujourd&#8217;hui ce titre comme un dû.<br />
Y a-t-il une honte à cela ?<br />
Voyant où mène le courage, Je me permettrai d&#8217;en douter.</p>
<p>Complément scientifique :<br />
Si la carapace d&#8217;un tourteau peut être aussi aisément brisé d&#8217;un coup sec – la tranche d&#8217;une fourchette convient – c&#8217;est que l&#8217;Évolution n&#8217;a pas jugé bon de la doter d&#8217;une élasticité absorbante. Pourquoi l&#8217;aurait-elle fait ? L&#8217;animal n&#8217;est que rarement confronté à l&#8217;impact.  L&#8217;eau, cette vieille pucelle effarouchée, limite la vitesse des objets qui la pénètrent, et cela du fait d&#8217;une viscosité importante. Ainsi, sous la surface, les chutes sont bénignes et les arquebuses enrayées.<br />
Pour un gars comme moi qui déteste les chocs, c&#8217;est le paradis.<br />
Au fait … je suis né un 18 juillet, la coïncidence astrologique  est à noter &#8230;</p>
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		<title>La Naissance du GAPouCh</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Jan 2011 20:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[chat]]></category>

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		<description><![CDATA[Afin que le Chat puisse voter, avoir la sécu, jouir d'une éducation potable, et qu'il puisse monter une SARL ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_368" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2011/01/hateTazzBigg.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2011/01/hateTazzBigg-300x272.jpg" alt="Debout ! Et bats-toi !" title="Bats-toi pour tes droits !" width="300" height="272" class="size-medium wp-image-368" /></a><p class="wp-caption-text">Bats-toi pour tes droits !</p></div>
<p><strong>Auteur du texte : Lumpy<br />
Rédigé le 22/01/2011</strong></p>
<p>Ils étaient des milliers, novembre 2003,  à Paris et ailleurs,  à défiler pour une grande cause : l&#8217;extension des droits de l&#8217;homme à d&#8217;autres espèces et en premier lieu, noblesse oblige, au Chat.<br />
Afin que ce dernier puisse voter, avoir la sécu, jouir d&#8217;une éducation potable, qu&#8217;il puisse monter une SARL* , un groupe de jeunes gens, idéalistes et dévoués,  se mirent en route pour scander au rythme de leurs pas un slogan simplissime :<br />
&laquo;&nbsp;Augmentation du pouvoir des Chats !!&nbsp;&raquo;<br />
Avouez que c&#8217;était bien vu, synthétique et à la porté du dernier vétérinaire venu.<br />
Mais pour leur malheur et le notre, un journaliste de passage que je ne nommerai pas, à la retraite je présume, fut attiré par le vacarme et, prêtant le peu d&#8217;audition qu&#8217;il restait à son âge, crut entendre : &laquo;&nbsp;Augmentation du pouvoir d&#8217;achat !!&nbsp;&raquo; ce qui admettez-le n&#8217;avait rien en commun avec la motivation initiale des marcheurs.<br />
Et Il le répéta, le bougre ! &#8211; sans états d&#8217;âme et tout autour de lui. Une gigantesque méprise s&#8217;en suivit.<br />
Certain &#8211; pauvre bonhomme ! &#8211; que la Mort était proche et qu&#8217;il s&#8217;agissait là de son ultime scoop, il  attrapa fébrilement le téléphone et propagea méthodiquement son erreur jusque dans les pages de journaux &#8211; peu soucieux &#8211; notez-le &#8211; de faire passer un audiogramme à leurs sources&#8230;.<br />
Le bruit courut et court encore, comme un chien enragé répandant sa salive.<br />
Quelle tristesse de voir nos généreux manifestants passer aussitôt aux yeux de ceux qu&#8217;ils défendent pour d&#8217;<em>ordinaires bâfreurs, gras, bouffis de cholestérol  et de matérialisme</em> !<br />
Pire, conformes à cette description, de petits suiveurs sans âme se joignirent peu à peu au cortège. Ceux-là même qui, lisant dans la presse le slogan du piteux journaliste se sentirent le droits d&#8217;aller le geindre, pour exiger un doublement des rations. Ce droit,  qui sait si bien s&#8217;abstraire de toute forme de décence, c&#8217;est celui que confère le nombre.<br />
&laquo;&nbsp;Augmentation du pouvoir d&#8217;achat !!&nbsp;&raquo;  &#8230; et l&#8217;air en fut rempli.<br />
La suite vous la devinez et comprenez maintenant comment un respectable mouvement peut-être corrompu, puis effacé par un autre, mesquin, au point qu&#8217;on ne parle plus par la suite que de ce dernier !<br />
Comme un coucou s&#8217;installe dans un nid pour en défenestrer les habitants et s&#8217;accaparer leurs croquettes, les consuméristes se sont imposés … et les Chats sont oubliés.</p>
<p>Ce jour, nous, lumpy d&#8217;Issarbe et ses suivants, créons le GAPOUCH, Le Groupement pour l&#8217;Accroissement du POUvoir des Chats, afin de rétablir la vérité (ce qui peut être considéré comme fait puisque vous lisez cet article) et surtout pour obtenir que soient satisfaites les revendications présentées ci-dessus (et bien d&#8217;autres, comme la création de moyens contraceptifs pour Chats, de permis de pêche dans les aquariums et de chasse dans les volières, et j&#8217;en passe.) Notre combat ne sera achevé que quand, à l&#8217;image de ce que vécurent il y a peu les étasuniens, un président de la république chat sera élu dans notre beau pays.<br />
En attendant, joignez-vous à moi.<br />
Le combat ne fait que commencer.<br />
Lumpy d&#8217;Issarbe<br />
* Pourquoi une SARL ? Parce que c&#8217;est une société anonyme à responsabilité limité et que les chats, les responsabilités, c&#8217;est pas leur truc.<br />
Nb : Je n&#8217;ai que 21 mois et s&#8217;il y a des fautes d&#8217;orthographe et de syntaxe dans ce texte, demandez-vous comment vous écriviez à cet âge … (puis signalez-moi ce qui doit être corrigé &#8230;merci.)</p>
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		<title>Concience Professionnelle</title>
		<link>http://www.voirleloup.com/non-classe/concience-professionnelle.html</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Aug 2010 11:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[escroc]]></category>

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		<description><![CDATA[... à portée d'une ribambelle de cyber-petites-frapes, prêtes à essayer les trucs les plus foireux pour vous soutirer quelque argent. ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_247" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/08/img_5556.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/08/img_5556-300x188.jpg" alt="Pour quoi me prennez-vous ?" title="Pour quoi me prennez-vous ?" width="300" height="188" class="size-medium wp-image-247" /></a><p class="wp-caption-text">Pour quoi me prenez-vous ?</p></div>
<p>Voici l’extrait d’un petit échange épistolaire de ce matin, échange électronique et mondialisé comme il se doit aujourd’hui. C’est l’époque. Les pigeons voyageurs ont fini en salmis et rien n’est plus facile que d’envoyer un mail à un inconnu. Cela met à notre portée un champ de possibilités jusque là insoupçonné … et réciproquement ! Oui ! Nous aussi, nous sommes à portée. &#8230; à portée d&#8217;une ribambelle de cyber-petites-frapes, prêtes à essayer les trucs les plus foireux pour vous soutirer quelque argent. C&#8217;est parfois tellement minable que cela inspire un d&#8217;attendrissement sincère &#8230;</p>
<p>Lui (ou elle …), initiateur ou -trice de cette histoire :</p>
<div id="quote" >
&laquo;&nbsp;France Impots Gouv&nbsp;&raquo; a écrit :</p>
<p> Bonjour,<br />
D’aprs les dernier calcule relative votre activit financire nous avons dceler une erreur de notre part concernant les derniers factures d’impt,de ce fait vous aller tre indemniser de la somme non ngociable de 262,24 .<br />
Pour mieux gr les demande de remboursement nous avons mis la disposition des Contribuables un formulaire lectronique prvu cet effet.<br />
Pour soumettre votre demande de remboursement veuillez vous diriger sure la page de remboursement en cliquant ici . et fournir les informations ncessaire.</p>
<p>Noter bien que la procdure de remboursement peut ncessiter un dlais de 10 jours ouvrables.<br />
Veiller acceptez nos plus humble excuse pour le drangement occasionne<br />
Merci de votre coopration.<br />
Ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la rforme de l’Etat<br />
Case ID gx86x 07.08.2010 – 20:36:26</p>
</div>
<p>Moi :</p>
<div id="quote">
<p>Cher Kavali,  <em>(C’est le prénom de l’expéditeur du mail et je ne sais s’il est authentique …)</em></p>
<p>Bonjour à vous.<br />
Vous m’avez envoyé ce message, je le crois avec l’intention de m’escroquer et cela est bien pardonnable. Gagner de l’argent aujourd’hui est difficile et on a pas toujours le choix des moyens, j’en sais quelque chose, je ne vous dirai pas ce que je fais pour vivre …<br />
Cela dit, on a un petit peu le choix de la manière. Notamment, je me permets d’attirer votre attention sur la manière dont vous écrivez.  Précisément, votre message est truffé de fautes d’orthographe. Et cela n’est pas très professionnel.<br />
Par exemple :<br />
«&nbsp;Veiller acceptez nos plus humble excuse pour le drangement occasionne&nbsp;» aurait du s’écrire :<br />
«&nbsp;Veuillez accepter nos plus humbles excuses pour le dérangement occasionné.&nbsp;» … enfin si je n’oublie rien, car je le concède, la langue française est ardue et pose des problèmes y compris aux natifs.<br />
Cependant, sachez que chez nous, s’il est préférable d’être le cousin d’un ministre pour le devenir à son tour, cela ne suffit pas, et l’on exige souvent que le candidat aie son bac. Or, il sera évident pour tous que le texte que j’ai reçu est plus celui d’un analphabète malin que celui d’un bachelier discipliné.</p>
<p>Dans ces conditions, vous n’avez aucune chance de tromper un français (même moyen.)<br />
Donc, pas de coordonnées bancaires, pas d’escroquerie, pas de sous !<br />
Et comment allez vous gagner votre vie ?<br />
Comment allez-vous séduire une jolie gazelle et lui faire des enfants ? (dans vos pays comme dans le mien, le compte en banque est un critère de séduction prépondérant.)<br />
Comment allez-vous réussir votre vie ?<br />
J’avoue que cela m’inquiète un peu. Ainsi, pour vous aider, je suis même prêt à vous faire parvenir un livre de grammaire française et cela, où que vous soyez dans le monde. Si vous voulez garder votre identité secrète (ce qui serait une bonne chose pour un escroc, même débutant), donnez l’adresse d’un ami innocent ou celle d’une poste restante.<br />
Je ne demande qu’une seule chose en échange : que vous me fassiez une photo souvenir de vous avec le livre (en contre-jour pour ne pas être reconnu) et que vous me l’envoyiez à cette adresse mail. Cela me ferait plaisir.<br />
En attendant portez-vous bien.<br />
Bonne journée,</p>
<p>Nicolas<br />
Ps: pardonnez-moi si j’ai fait quelques fautes d’orthographe, mais je ne suis pas ministre … et j’ai eu une scolarité difficile.
</p>
</div>
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		<title>Pourquoi Diable ?</title>
		<link>http://www.voirleloup.com/preambules/pourquoi-diable.html</link>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 21:27:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préambules]]></category>
		<category><![CDATA[haine]]></category>
		<category><![CDATA[téléFuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Je connais des gens qui lient leurs choix aux paraboles du Christ. Je fonctionne, à l'inverse, avec une sorte d'anti-évangile constitué ça et là d'éléments répulsifs.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_222" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/06/motivation.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/06/motivation-300x209.jpg" alt="Exemple d&#039;Instrumentalisation" title="Exemple d&#039;Instrumentalisation" width="300" height="209" class="size-medium wp-image-222" /></a><p class="wp-caption-text">Exemple d'Instrumentalisation</p></div>
<p>Voici quelques lignes publiées (quelle erreur !) dans <a href="http://www.nicolasguionnet.com">mon site professionnel</a> pour y faire office de <em><a href="http://www.nicolasguionnet.com/activites/pourquoi-diable">lettre de motivation</a></em>. Une fois de plus, si l&#8217;intention initiale est anodine, la réalisation <em>part en quenouille</em>.  &laquo;&nbsp;Les chattes font pas des chiots&nbsp;&raquo; comme dit ma voisine. Et voilà que la prose, initialement promise à un destin conforme, dévie de sa trajectoire et s&#8217;égare où bon lui semble.<br />
A défaut d&#8217;être un modèle du genre, ce texte fera peut-être sourire. Voilà un noble objectif, plus noble en tout cas que celui des lettres de motivation ordinaires, et qui est, je le rappelle, de présenter au recruteur sa propre tête sur un plateau d&#8217;argent..<br />
</br></p>
<div id = "quote" style="font-size = 1em;">
<h4>“Photographe ? … mais pourquoi diable ?!”</h4>
<p>Le monde des starlettes télévisuelles et rutilantes, des champions de la vacuité rentable m&#8217;inspire en général assez peu de respect. Mais tant que ses représentants se contentent d&#8217;animer le journal de TF1, point d&#8217;appel au meurtre, il suffit de regarder ailleurs.<br />
Il est cependant une catégorie particulière que j&#8217;aimerais célébrer pour sa malfaisance, une catégorie qui prospère, s&#8217;auto-congratule et s&#8217;affiche à tous les coins de rue. Une catégorie qui ne possède d&#8217;art que celui de la connivence, en jouissant quotidiennement de celle qu&#8217;elle entretient avec les média, notamment pour injecter ses musiquettes minimales à dose radiophonique dans la cervelle de nos jeunes. Cette catégorie, l&#8217;infectieuse, la poisseuse, la bien nommée, c&#8217;est celle des chanteurs.<br />
(&#8230; et oui, je resterai aussi général que cela, ne craignant pas de blesser les artistes vocaux qui ont fait preuve de dévotion lors de l&#8217;apprentissage et de l&#8217;exercice de leur discipline, ne craignant pas non plus de blesser les autres, puisqu&#8217;ils n&#8217;entendent que ceux qui les révèrent.)<br />
Malgré tout cela, je dois reconnaître à l&#8217;engeance une utilité: celle qu&#8217;ont les caricatures. C&#8217;est ainsi que certaines interviews sont riches d&#8217;enseignement, et pour ma part je les chérie parce qu&#8217;elles m&#8217;aident à savoir ce que je ne veux pas être, et c&#8217;est déjà pas mal car en procédant par élimination, on a tôt fait d&#8217;obtenir un profil assez détaillé de son soi.<br />
C&#8217;est ainsi qu&#8217;un jour une petite calamité blonde fort bien connue en Australie pour ce qu&#8217;elle y chouine, fut  interrogée par un de ces talentueux journalistes qui vouent leur vie à la promotion de la médiocrité, et cela à propos de son dernier disque :<br />
« Mais dites moi Lily – nommons-la Lily – dites-moi &#8230; pourquoi cet album ? »<br />
Cette question, j&#8217;imagine, s&#8217;appuie sur une croyance animiste qui veut que les arbres, les gouttes d&#8217;eau, les pierres, les caniveaux  … et les albums à Lilly … aient une âme. La question du sens profond de l&#8217;œuvre peut alors se poser. « Pourquoi cet album Lily?!! » et le journaliste la pose avec une intensité dans la voix, avec une conviction qui rendent la scène totalement irrésistible.<br />
Cela dit, et c&#8217;est là le paradoxe, je défit tout prêtre animiste, après l&#8217;audition intégrale de l&#8217;album en question, de garder la foi. Il est probable que l&#8217;intéressée l&#8217;aie aussi perdue, puisque sa réponse, d&#8217;abord fort embarrassée se conclut par un bon gros … « well … hinhinhin … It&#8217;s my job ! »  « C&#8217;est mon boulot  !!»<br />
On trouve des boules de pétanque plus inspirées.</p>
<p>Sachez que cette anecdote est pour moi fondatrice. Je connais des gens qui lient leurs choix aux paraboles du Christ, et cela fort à propos. Et bien moi, je fonctionne, à l&#8217;inverse, avec une sorte d&#8217;anti-évangile constitué ça et là, peu à peu, d&#8217;éléments répulsifs. Mon herbier nauséabond, quand il est ouvert à la page L comme Lily, m&#8217;enseigne la chose suivante:<br />
Le désarroi de Lily (qu&#8217;elle gère fort bien rassurez-vous), serait ma récolte quotidienne si je meublais ma vie d&#8217;actions muettes et utilitaires. J&#8217;aurais au cul, à chaque instant, un petit journaliste zélé susurrant : «  …  Pourquoi cet article ? Pourquoi ce rapport en trois exemplaires ? Pourquoi cette journée ? » Et que lui répondre ?<br />
Je ne veux à aucun prix renouer avec le vertige de l&#8217;absurde, tel que je le connus quand vissé au fond d&#8217;un cloaque administratif j&#8217;œuvrais à l&#8217;avancement de ma carrière. J&#8217;ai appris là, que si le pragmatisme instaure une certaine sécurité matérielle, c&#8217;est chez moi essentiellement l&#8217;ennui qu&#8217;il sécurise.<br />
Alors quoi ?<br />
Non bien sûr, je ne demande pas à être Shakespeare,  … mais juste à raconter de petites histoires, sous une forme ou sous une autre, à en rire et à en vivre. Il ne s&#8217;agit pas là d&#8217;un destin d&#8217;éminent spécialiste, mais plutôt d&#8217;une vie de médiocre polyvalent. (Car soi dit en passant et je vous interdit de le répéter, je n&#8217;ai aucun talent particulier pour la photographie, ni pour quoique ce soit d&#8217;autre d&#8217;ailleurs … Je cherche juste à caser ma bonne volonté de conteur. )<br />
Et bien, à la bonheur, je crois que la dénomination « photographe » peut parfaitement convenir à ce programme si tant est qu&#8217;on l&#8217;accommode habilement.<br />
D&#8217;abord, le pouvoir allusif et symbolique de l&#8217;image lui permet aisément d&#8217;être support ou matériau de récit, et sous de nombreuses formes. En outre, les contours de l&#8217;activité sont suffisamment flous pour que l&#8217;on puisse les déplacer un brin et joindre textes, sons ou autre substance aux précieuses photos. Le petit conteur est satisfait.<br />
Cependant le satisfaire ne suffira pas à répondre à la question titre. Il faudra bien aussi mentionner la beauté, j&#8217;en ai peur. Le mot m&#8217;embarrasse, tant il a changé de sens ces 40 dernières années. Il est cependant nécessaire d&#8217;évoquer l&#8217;apaisement instantané que procure aujourd&#8217;hui certaines visions. L&#8217;équivalent interne d&#8217;une soif que l&#8217;on étanche, déclenchée par une combinaison étranges d&#8217;ingrédients. Comment les définir ?<br />
Le lecteur attentif aura remarqué cette manie agaçante que j&#8217;ai de définir les choses par le biais de leur inverse. Je n&#8217;ai pu parler d&#8217;enthousiasme sans que l&#8217;ennui ne le précède, de même l&#8217;intrigue introduit l&#8217;intégrité, le matérialisme permet de définir la spiritualité. Va-t-il me falloir poursuivre en présentant une face de son contraire pour espérer, en la découpant, faire apparaître celle de la beauté ?<br />
Soit, je vais ainsi ménager cette dernière en la mentionnant le moins possible et en donnant une liste non exhaustive des ingrédients de la laideur :<br />
Vulgarité, déséquilibre, hermétisme, affectation.<br />
Voilà. Ce n&#8217;était pas long avouez-le … je complèterai peut-être ce quintette hideux à l&#8217;occasion &#8230;<br />
&#8230;<br />
Enfin,<br />
« Aimant les rencontres, les paysages et les animaux &#8230; »,  j&#8217;avoue que la profession me sert de prétexte permanent à toutes sortes d&#8217;intéressantes escapades, d&#8217;autant plus qu&#8217;une identité professionnelle permet de faire sauter bien des verrous. Dites à un artisan « Salut, je voudrais bien voir ce que tu fais dans ton atelier. », il vous prend pour un dingue et vous éconduit. Dites-lui « J&#8217;aime beaucoup ce que vous faites et j&#8217;aimerais faire un reportage. » … la porte s&#8217;ouvre &#8230; le curieux est satisfait.<br />
Enfin, enfin,<br />
Quel plaisir d&#8217;appartenir sans rond-de-jambe ni chichi à une corporation anodine qui aime à déshabiller les filles pour en faire des posters ou à empiler des gamins sur une photo de classe. C&#8217;est à peine artistique, on ne fait qu&#8217;emprunter au réel. Pas démiurge, non, juste petit voleur de poule.<br />
Il n&#8217;empêche qu&#8217;il sort de tout cela un produit fini, chargé d&#8217;un sens que certains semblent apprécier. Voilà bien qui suffit à mon épanouissement.<br />
J&#8217;oubliais.<br />
Autre avantage inestimable de cette profession: le monde de l&#8217;art contemporain ne condescend qu&#8217;assez peu à côtoyer ceux qui la pratiquent. Certes, financièrement, c&#8217;est bien dommage, mais en évoluant dans une sphère plus modeste, on s&#8217;épargne le fardeau d&#8217;avoir à parler de soi à la troisième personne en singeant les tics verbaux d&#8217;un critique d&#8217;art fasciné.<br />
Cerise sur mon gâteau, je me réjouis de n&#8217;avoir à écrire le mot « <a href="http://www.voirleloup.com/preambules/demarche.html">démarche</a> » qu&#8217;entre guillemets.
</p>
</div>
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		<title>&#171;&#160;Démarche&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 10:58:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préambules]]></category>

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		<description><![CDATA[Demeurer dans la forêt de ses ancêtres et confier son éducation aux bon soins du sous-bois ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_422" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/05/img_7553.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/05/img_7553-300x179.jpg" alt="Démarche" title="Démarche" width="300" height="179" class="size-medium wp-image-422" /></a><p class="wp-caption-text">Démarche</p></div>
<p>Encore un texte publié sur mon site pro et qui en a été enlevé.<br />
La &laquo;&nbsp;démarche&nbsp;&raquo; est, si j&#8217;ai bien compris, le manifeste obligatoire de &laquo;&nbsp;l&#8217;artiste contemporain&nbsp;&raquo;. C&#8217;est avec cela qu&#8217;il se vend, et comme se vendre est sa raison d&#8217;être, la rédaction d&#8217;un tel texte est pour lui un geste stratégique et politique crucial.<br />
Je ne suis pas lui. Je veux dire qu&#8217;autant qu&#8217;il m&#8217;est possible, j&#8217;évite de me mêler à lui et à ses mignons, et encore moins adopte-je leurs petites manies qui sont autant de signes d&#8217;appartenance à un milieux vicié.<br />
Alors quel besoin ai-je eu de rédiger une &laquo;&nbsp;démarche&nbsp;&raquo; ?<br />
Je me demande bien. Le goût de la parodie et l&#8217;envie de définir mon activité, peut-être. Quoi qu&#8217;il en soit, j&#8217;ai échoué. Mon activité relevant tour à tour d&#8217;un artisanat mou et alimentaire autant que d&#8217;une liberté créative échevelée, il y a là un sérieux grand écart. Et si l&#8217;artisan se doit, afin de rassurer une clientèle frileuse, de respecter quelques conventions, le créatif, lui, pisse sur chacune d&#8217;elles sans en oublier, comme mon chien Merlin sur les voitures quand il visite le parking d&#8217;en bas.<br />
Résultat : J&#8217;ai à la fois réussi à corrompre ma liberté de propos et ma crédibilité professionnelle. Bravo ! </p>
<div id = "quote">
<h4>Renard</h4>
<p>Le mieux, est d&#8217;agir en <strong>Renard</strong> : demeurer dans la forêt de ses ancêtres et confier son éducation aux bon soins du sous-bois. Certains jours s&#8217;approcher prudemment de la lisière, se poster dans l&#8217;ombre du feuillage pour observer l&#8217;agitation des hommes, puis, le soir venu, si la Lune est favorable, se rendre au village pour dérober une poule.<br />
Alors, si quelque bipède propose un Menuet, ne même pas prendre le temps de lui rire au nez. Filer, une plume à la bouche.</p>
<h4>Lieu Commun</h4>
<p>C&#8217;est depuis peu un poncif : La lampe rouge du laboratoire de nos pères s&#8217;est éteinte à jamais.<br />
Sa lueur monotone a fait place à la nécessité quotidienne d&#8217;apprendre à maîtriser de nouveaux outils, tout en se détournant de ceux qui les ont précédés.<br />
La technique aidant, il est plus que jamais naturel d&#8217;explorer un espace des possibilités en constante expansion. La technique aveuglant, il est plus que jamais nécessaire de prendre le peu qu&#8217;elle a à donner en se méfiant du reste. </p>
<h4>Petite Intro</h4>
<p>Photographe depuis 2006, je destine mes images au papier &#8211; pour la réalisation de tirages pigmentaires &#8211; et recours aux écrans, pour lesquels je crée sites et contenu multimédia. Ce grand écart professionnel résulte de l&#8217;arrivée tonitruante d&#8217;Internet, le fils prodigue du XXème siècle qui vous permet à l&#8217;instant de me lire. Propres à chambouler le métier, à lui offrir de nombreux raccourcis, ils n&#8217;a pour autant jamais balayé le plaisir enfantin de poser les yeux sur une image incarnée, sur une <em>&laquo;&nbsp;photo&nbsp;&raquo;</em>.<br />
Me voici donc occupé à troquer électrons contre pigments, à osciller de tissus en écrans.<br />
Les deux premiers paragraphes tracent les contours de cette polyvalence.<br />
Le dernier liste quelques &laquo;&nbsp;sujets de prédilection.&nbsp;&raquo;</p>
<h4>Web et Electrons</h4>
<p>J&#8217;ose une petite question. Que regardez-vous à l&#8217;instant ?<br />
Est-ce un monolithe de marbre noir gravé de runes antiques ? &#8230; un vase Ming ?<br />
&#8230;pas tout à fait, n&#8217;est-ce-pas ?<br />
 Non. C&#8217;est un écran. Du plastoc, une poignée de composants électroniques, peut-être un peu d&#8217;alu &#8230; tout cela animé par je ne sais quelle astuce électroluminescente.<br />
A priori, ce n&#8217;est pas le support le plus noble dont puisse rêver une image pour s&#8217;étaler aux yeux du Grand Monde. Bois verni, toile ou papier ont plus fière allure.<br />
Mais reconnaissons-le, ces tuyauteries électroniques nous rendent quelques services, à commencer par cette connexion domestique, à l&#8217;instant, entre vous et moi. Aussi éphémère soit-elle, elle m&#8217;est essentielle, que l&#8217;on parle de reconnaissance ou de commerce.<br />
Depuis mes débuts, Internet est l&#8217;objet d&#8217;une attention assidue. En particulier, quelques mois de travail m&#8217;ont permis d&#8217;accoucher (dans le bonheur) de  <strong><a href = "http://www.nicolasguionnet.com/activites/sam" >SAM</a></strong>, un système de diffusion des diaporamas sonores qui sera omniprésent sur les sites que je produis. Ainsi, les images se font voir &#8230; et entendre (cliquez<a href = "http://www.nicolasguionnet.com/sam" > ici</a> pour plus de détails sur <a href = "http://www.nicolasguionnet.com/activites/sam" >SAM</a>.)<br />
Une bonne maitrise de la programmation me permet de générer tout un panel de dispositifs graphiques pour sites. Les différents média (textes, son, images, vidéo, dessins animés interactifs) peuvent y dialoguer de façon encore inattendue il y a dix ans. Ainsi, Internet est devenu plus qu&#8217;un simple outils de diffusion: c&#8217;est un acteur, un matériaux qui réclame et mérite attention.<br />
J&#8217;ai par exemple réalisé <a href = "http://www.issarbe.com">issarbe.com</a> et <a href = "http://www.nicolasguionnet.com">nicolasguionnet.com</a>, via les technologies Wordpress et AS3, et serais en mesure de réaliser tout ou partie d&#8217;un site orienté image et graphisme si je n&#8217;avais mieux à faire &#8230;</p>
<h4>Papier et Pigments</h4>
<p>La photographie numérique est hautement dépendante de technologies pointues et parfois capricieuses. Le fruit du travail, confié à la mémoire des machines, n&#8217;accède à la sécurité du <em>réel</em> qu&#8217;avec l&#8217;impression. En cela, le papier fait figure de refuge. Il donne une existence matérielle à l&#8217;image, ainsi qu&#8217;une texture et une longévité. Il l&#8217;accueille et la porte sur son dos, fidèlement, pour un siècle et sans que la fée électricité ne soit nécessaire à l&#8217;entretient de son éclat.<br />
Mais cette sécurité prosaïque et relative serait négligeable sans l&#8217;émotion que porte en lui l&#8217;objet tangible, l&#8217;objet touchant, petite feuille imprimée, pelure d&#8217;arbre abattu, choisie pour porter un <em>fruit</em>.<br />
Matière, sensualité, démarche pénètrent l&#8217;affect du visiteur. L&#8217;enjeu est d&#8217;importance. L&#8217;impression est alors un processus délicat. Obtenir un tirage conforme aux espérances d&#8217;un honnête homme, à la hauteur du <em>fruit</em>, peut nécessiter de nombreux essais et corrections. Ces précieux tâtonnements ne peuvent sans risque être confiés à un tiers. Il faut être là. C&#8217;est tout.<br />
Aussi ai-je décidé d&#8217;empoigner tous les maillons de la chaine, de la prise de vue à la mise sur châssis et d&#8217;en faire mon affaire.</p>
<h4>Technique</h4>
<p>Mes tirages sont réalisés sur papiers d’art, avec des encres pigmentaires longue conservation (garanties Epson,  80 ans et + selon le papier), sur une imprimante professionnelle <a href = "http://www.epson.fr/Imprimantes-et-multifonctions/Imprimantes-grand-format/Epson-Stylus-Pro-9900">Epson Stylus 9900 pro</a>.<br />
Les formats vont du A4 jusqu&#8217;à des tirages de 110 cm de large pour une longueur théoriquement non limitée. J&#8217;affectionne particulièrement les formats panoramiques (voire par exemple <a href = "http://www.nicolasguionnet.com/instant/arbouty-frontiere.html">ceci</a>.) Possédant le label <a href = "http://www.digigraphie.com/la-digigraphie-expliqu%C3%A9e/index.htm">Digigraphie</a>, je peux produire des tirages présentant toutes ses garanties.
</p>
<h4>Sujets de Prédilection</h4>
<p>Au risque de décevoir un de mes collègues et ami qui me conseille de bannir toute forme de négation de ma prose professionnelle (les lois du marketing exigent que l&#8217;on affiche un sourire figé), je commencerai par dire:<br />
&laquo;&nbsp;Je n&#8217;aime pas les poses.&nbsp;&raquo;<br />
Les poses &#8230; me figent &#8211; justement.<br />
Faudrait-il que je mente au poseur, gentil bonhomme crispé sur son allure, lui promettant &laquo;&nbsp;qu&#8217;un petit oiseau va sortir&nbsp;&raquo; ? &#8230; un bel oiseau coloré et expressif ?<br />
Inutile ! Dans ces conditions, il reste dans sa boite le petit oiseau, hostile et dédaigneux, il y reste et n&#8217;en sortira que quand la mascarade, fatiguée d&#8217;elle même, aura de nouveau fait place à la vie. Si je le forçais, c&#8217;est un poulet de batterie fardé comme une pute de concours qui jaillirait de l&#8217;objectif. Inutile.<br />
Saint François d&#8217;Assise aurait dit, &#8211; je dit &laquo;&nbsp;aurait&nbsp;&raquo; car c&#8217;est peut-être des racontars d&#8217;exégète halluciné &#8211; &laquo;&nbsp;C&#8217;est en s&#8217;oubliant soi même, que l&#8217;on se retrouve soi même.&nbsp;&raquo;<br />
Voilà un beau programme: s&#8217;alléger le temps d&#8217;un clic de nos tourments de crevette, ou d&#8217;autres questionnements individuels d&#8217;une faramineuse et faraminable inutilité. C&#8217;est bien ce que permet la photo, pratique suffisamment technique pour occuper l&#8217;intellect, suffisamment artisanale pour empoigner les mains et suffisamment artistique pour élever l&#8217;âme, la mienne en ayant bien besoin, puisqu&#8217;elle rejoint le caniveau dés que j&#8217;ai le dos tourné.<br />
Être attentionné, désireux de produire, voué au résultat plus qu&#8217;aux rétributions, ne plus voir que l&#8217;Autre, en négliger le Soi et ses caprices. &#8230; merveilleuse façon d&#8217;exister, réalisable hélas qu&#8217;à condition que le sujet s&#8217;y prête. Et il ne s&#8217;y prête, ce coquin là, qu&#8217;en ignorant tout du photographe.<br />
Que cet Autre me fasse une danse du ventre, clin d&#8217;œil à l&#8217;appui, et s&#8217;en est fini &#8230;<br />
Méprisables contorsions, affectant je ne sais quelle conformité, les posent vous dégueulassent un sujet en moins de deux. Il est ainsi des portraits d&#8217;angelots plus obscènes qu&#8217;une blennorragie de séminariste.<br />
Assez ! Le sujet est prié de ne pas nous rappeler ma présence, la sienne doit lui suffire ! &#8230; Mais revenons en au sujet.<br />
Au palmarès des indifférents, je veux dire de ceux que le photographe indiffèrent et qui gardent, à son approche suffisamment d&#8217;eux-même pour mériter l&#8217;attention, on trouve:</p>
<ol>
<ul>
<li>Bestioles ordinaires (les bestioles exotiques sont exagérément colorées, fatigues les écrans et habitent dans des endroits impossibles &#8230;)</li>
<li>Plantes vivantes ou mortes, sèches, flottantes ou immergées, les jours sans vent se tiennent &#8230; tranquilles.</li>
<li>Montagnes, si vielles et fatiguées qu&#8217;elles n&#8217;éternuent même plus quand un moucheron se pose sur leur nez,</li>
<li>Travailleurs résolus à bien faire, artisans patinés,</li>
<li>Statues &#8230; de marbre,</li>
<li>Mers d&#8217;huile ou démontées, en instance de divorce d&#8217;avec le ciel, ou trop occupées à s&#8217;évaporer pour clapoter encore,</li>
<li>La Nuit, forcément plus mature que ces manèges où tournent les gens pressés.</li>
</ul>
</ol>
<p>
J&#8217;ai, avec cela, de quoi remplir mille vies de photographes quand il n&#8217;en reste qu&#8217;une, à demi consumée.
</p>
<h4>L&#8217;Avenir ?</h4>
<p>Je vais me payer le luxe de ne pas en parler. Perspectives et développement ont plus besoin de manches retroussées et que langues bien pendues.</p>
<h4>Pourquoi ?</h4>
<p>Distrait que je suis, j&#8217;ai oublié de joindre à ce texte une lettre de motivation. La motivation ne fait-elle pas partie de la démarche ?<br />
La Cerise perchée, de part l&#8217;envie que l&#8217;on a de la goûter, fait de l&#8217;homme un grimpeur &#8230;<br />
Lisez donc <a href="http://www.voirleloup.com/non-classe/pourquoi-diable.html">ceci</a> &#8230;
</div>
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		<title>Encéphalopathie Académique Spongiforme</title>
		<link>http://www.voirleloup.com/prehistoires/encephalopathie-academique-spongiforme.html</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Mar 2001 17:39:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préhistoires]]></category>
		<category><![CDATA[angoisse]]></category>
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		<description><![CDATA[... sa bouche est encore mouillée de la salive qu'à fait jaillir sa dernière colère ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_157" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2001/03/snake.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2001/03/snake-300x246.jpg" alt="EducNat" title="EducNat" width="300" height="246" class="size-medium wp-image-157" /></a><p class="wp-caption-text">EducNat</p></div>
<h4>Pitié !</h4>
<p><em>Le numéro 12 du 15 mars 2001</em></p>
<p>Voici le dernier article de la série &laquo;&nbsp;Pitié !&nbsp;&raquo; Il est comme tous les autres à prendre avec des pincettes. Il est bon d&#8217;insister là dessus car le texte s&#8217;attaque au monde enseignant avec une fougue, qui si elle ne me parait pas injustifiée, mériterait d&#8217;être encadrée par plus de rigueur. Quelques points importants me semblent manquer et feront peut-être un jour l&#8217;objet d&#8217;une suite. Cela dit, son approche délibérément caricaturale et humoristique limite l&#8217;impact des maladresses. Ouf.<br />
Bon, comme les schémas sont nombreux, il vaut mieux le lire en format pdf. J&#8217;ai fait ce que j&#8217;ai pu pour recycler le vieux ficher Word bourré d&#8217;erreur, il semble que cela passe assez bien. Cliquez sur le lien ci dessous :</p>
<div id = "quote" ><strong><a href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2010/05/pitie12_VoirLeLoup.pdf"><span style=" font-size:2em">Télécharger et Lire l&#8217;article</span></a></strong></div>
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		<title>Einstein aussi</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jan 2001 16:32:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préhistoires]]></category>
		<category><![CDATA[angoisse]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est bien simple si le mot « papa » était passé par là, j’y aurais foutu trois p ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_186" class="wp-caption alignleft" style="width: 240px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2001/01/CEstMieux.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2001/01/CEstMieux-230x300.jpg" alt="C&#039;est déjà mieux !!" title="C&#039;est déjà mieux !!" width="230" height="300" class="size-medium wp-image-186" /></a><p class="wp-caption-text">C'est déjà mieux !!</p></div>
<h4>Pitié !</h4>
<p>Le numéro 11 du 15 janvier 2001</p>
<p>Tel que vous me lisez, là, je reviens de Paris. J’ai eu pendant quelques jours le plaisir de fréquenter des gens très biens, dans des soirées très biens, où, inévitablement, j’eus à répondre au fatidique « Et vous qu’est ce que vous faites ? ». N’étant pas d’humeur à dévoiler l’insondable médiocrité de mon existence, j’eus recours à ce que l’on ne nomme « mensonge » qu’en manquant cruellement d’indulgence – c’est tout juste une petite exagération, rien de grave – c’est à dire à la phrase :<br />
« J’écris. Enfin, j’écris un journal… sur Internet…»<br />
On sait jusqu’où le mondain pompette est prêt à pousser la complaisance. Ce trait de caractère, nécessaire à la survie dans un milieu où la compétition est rude (il n’y a pas forcément de caviar pour tout le monde) l’amène parfois à simuler un intérêt poussé pour des choses « qu’il ne parcourrait que d’un derrière distrait » si la Vodka était éventée. Dans ce cas précis l&#8217;inéluctable « vous me le ferez lire, j’espère… » m’amena à relever quelques adresse, à choisir un ou deux numéros pour les envoyer. Quelle ne fut pas ma stupeur en relisant ce numéro 9 !!<br />
Je suis conscient d’avoir parfois quelques absences orthographiques, d’ailleurs j’implore systématiquement la pitié du lecteur au bas de chaque page (cf. en bas de la page). Mais ce que je vis là, dépassait toutes mes craintes. La foire aux couilles, le palais de la bourde, on tague le mur des lamentations, des accords esquivés par rangées de dix, des conjugaisons martiennes à tuer Pivot sur le coup, du scrabble aléatoire. C’est bien simple si le mot « papa » était passé par là, j’y aurais foutu trois p. Je retrouvai aussi tôt le frisson de jeunesse, l’heure où cette garce de prof. me rendait la copie bariolée, ornée de la note la plus ronde qui soit. Je retrouvai l’humiliation.<br />
 Je vous offre un échantillon : « j’ai fais tombé dessus ma tourtière au pomme et la crème liquide que je recommande vigoureusement pour ça dégustation », non, ce n’est pas le pire que j’ai trouvé.<br />
Quand je pense au nombre de lecteurs (cinq ou six) qui furent témoins de mes faiblesses, ces mois derniers, c’est bien simple, je convulse ! Quand je pense à la compassion surannée qui les amena à détourner pudiquement le regard, n’osant reprendre l’apprenti scribouillard emmêlé dans la prose ! Surtout, ne jamais vexer le lourdaud, c’est un principe de gentilhomme.<br />
Mon seul principe, en l’occurrence (je ne parle pas de mon renoncement au mariage), c’est l’acharnement. Je me propose d’être ridicule avec panache, ce sera mon manifeste, amen. Cela n’exclut pas un brin de bon sens, aussi affirme-je deux faits capitaux :<br />
1°) Einstein était aussi dyslexique.<br />
2°) Les lecteurs attentionnés seront dorénavant rémunérés. (Le premier qui me chope trente fautes, je lui envoie un bocal de foie gras du coin, l’heure d’expédition faisant foi, les points étant cumulés pour les prochains numéros.) Cela risque de me coûter la peau du cul, qu’à cela ne tienne, je prendrai des heures de ménage.<br />
Et si cela ne suffit pas, je dénicherai une mademoiselle Machin, retraité de l’enseignement littéraire, pour troquer ses compétences contre les miennes, que j’ai d’ailleurs fort vigoureuses quand il y va de mon honneur (je vous fait pas de dessin).<br />
On ne pourra pas dire que je n’ai pas fait ce qu’il faut.</p>
<p>Nicolas Guionnet qui vous embrasse</p>
<p>&#8230;Pardonnez l’orthographe (et le reste) et faites passer&#8230;</p>
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		<item>
		<title>« Noël au Scanner, Pâques au cimetière »*</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Dec 2000 16:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préhistoires]]></category>
		<category><![CDATA[angoisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un service de soins intensifs, le patient est dans une vitrine, comme les filles de joie des quartiers chauds d’Amsterdam.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_189" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel = "lightbox" href="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2000/12/ECG.jpg"><img src="http://www.voirleloup.com/wp-content/uploads/2000/12/ECG-300x199.jpg" alt="Tout se passe bien ..." title="Tout se passe bien ..." width="300" height="199" class="size-medium wp-image-189" /></a><p class="wp-caption-text">Tout se passe bien ...</p></div>
<h4>Pitié !</h4>
<p><em>Le numéro 10 du 13 décembre 2000</em></p>
<p>Permettez que je me détende un petit peu. J’ai mis le concerto pour clarinette de Mozart, si cher à Bertrand Blier (&laquo;&nbsp;Préparez vos mouchoirs&nbsp;&raquo; ?). Un petit Perrier rondelle est la pour dégourdir les papilles. Relâche, je l’ai bien mérité.<br />
Il y a un chat à côté de moi. Je ne le connais pas. Il s’est tout bonnement incrusté. En bas de l’immeuble, je lui ai adressé la parole, alors il m’a suivi jusqu’au pas de la porte, et il est entré. Il s’est couché sur le sofa, à cinquante centimètres du cliquetis du clavier. Il pionce, comme tous ses copains. Bon, il semble que j’ai un chat. Soit.<br />
Pourquoi diable n’ai-je pas foutu l’importun dehors avec pertes et fracas ? Bonne question. Réponse : Il se trouve que je marche sur des œufs avec les autorités célestes. Quelque chose n’a pas plu. Peut-être est-ce ma désinvolture vestimentaire, professionnelle, sentimentale, sexuelle, alimentaire ou enfin … cardiaque. Je ne sais, mais ce qui est sûr, c’est que je me garde d’être en rien offensif avec quoi que ce soit, dus-je dormir avec ce sac à puce (le sofa est aussi mon lit).<br />
Je me suis douté que quelque chose n’avait pas plu, lorsque, ce dernier dimanche, je me suis retrouvé dans la salle de soins intensif du service de cardiologie de la clinique Paulmy de Bayonne, multi-perfusé, branché à une armée d’instruments sonnant et clignotant, et cerclé de blouses blanches professionnellement rassurantes, c’est à dire…  foutrement inquiétantes. « Ne craignez-rien, monsieur, tout va très bien se passer. » Je n’ignore pas que la plupart des décès se passent bien, si l’on se fie au peu de protestations qu’expriment les intéressés.<br />
 Parfois, j’entendais sonner un de ces machins, hystérique, et voyais rappliquer au pas de course toute la clique médicale, prête à cramponner le voisin à grand coup de défibrillateur, juste avant qu’il n’y passe. Le plus drôle c’est que mon machin à moi sonnait aussi périodiquement. « Vous inquiétez pas, c’est des parasites… » m’assurait la dame. Crispé, je tournais alors la tête pour contempler l’embrouillamini de courbes censées représenter mon électrocardiogramme. On aurait dit une partouze de vers de terre. J’étais liquide. (je n’appris que plus tard qu’en tournant la tête, je provoquais la friction des contacteurs sur les électrodes, d’où de nouveaux parasites).<br />
 Dans un service de soins intensifs, le patient est dans une vitrine, tout comme les filles de joie des quartiers chauds d’Amsterdam. En allant faire pipi, accompagné de mon pylône à perfusion et d’une gentille infirmière, j’avais donc le loisir d’observer mes colocataires. J’étais le cadet, ça fait pas un pli. Il n’y avait que du blanc. Les draps, les cheveux, la peau, étaient blancs, dans chaque box. Je ne suis pas prêt d’oublier les yeux exorbités de cette vieillarde décharnée, assise sur un lit qu’on avait du redresser pour faciliter une respiration fastidieuse, la bouche ouverte, fixée. Elle était prête, je le jure. Je cru recueillir son dernier souffle. J’ai mis un certain temps à faire pipi, le temps de voir mon sang remonter le long de la durite, mais je réussis tout de même, pourtant je vous assure que ça aide pas à se détendre. On me raccompagna, on me rebrancha.<br />
Et puis, c’est arrivé. Mon machin s’est mis à couiner avec l’énergie du désespoir. Inutile de vous dire ce que ça m’a fait. L’infirmière et un interne rigolard se sont pointés, pas plus vite que ça, un petit sourire au lèvre. Il ont attendu d’être à un mètre de moi pour me dire, très décontractés que «  …ça y est votre cœur s’est remis à fonctionner normalement ».<br />
Je vous passe la suite, une ribambelle d’examens aux conclusions relativement rassurantes. Ce n’était rien qu’une petite « fibrillation auriculaire », rien de grave d’après mon cardiologue. Mais dois-je me fier un monsieur de soixante ans, de Jean vêtu, aussi charismatique qu’un gourou de scientologie, quittant la clinique à cheval sur un fougueux scooter réparé au Chaterton ? (si, je l’ai vu, réparé au chaterton !) Je reste donc tout à fait sûr que mon avenir est incertain, qu’un rien peut suffire à influencer les juges d’en haut.<br />
On comprendra que ce soir, j’ai pas le courage de virer le chat. C’est pas le moment d’être un salaud, et puis, il est tellement bien sur le sofa… sur mon lit quoi &#8230;</p>
<p>* &#8230; qu&#8217;on me pardonne d&#8217;exhumer ici Pierre Desproges &#8230;</p>
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		<title>Tf1 &#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Dec 2000 15:55:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préhistoires]]></category>
		<category><![CDATA[haine]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a des jours où cela ne va pas fort. Vous n’avez qu’une seule idée en tête : vous vautrer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Pitié !</h4>
<h4>Renaissance du Journal</h4>
<p><em>Le numéro 9 du 4 décembre 2000</em></p>
<p>Tf1, mon cul ! Il n’y a plus de vraies valeurs.<br />
Il y a des jours où cela ne va pas fort. Vous êtes un peu déprimé. Vous  n’avez plus envie de réfléchir, et surtout pas d’analyser les raison de l’ étrange détresse qui vous taraude les méninges. Vous n’avez qu’une seule idée en tête : vous vautrer.<br />
Vous vautrer physiquement sur un sofa crado (j’ai fait tomber dessus ma tourtière aux pommes et la crème liquide que je recommande pour sa dégustation). Laisser aller chaque muscle, mettre un gros oreiller juste là, de façon que le menton appuie sur le haut du torse et crée ainsi le triple bourrelet des grands soirs.<br />
Vous vautrer mentalement. Allumer la télé. L’action est d’autant plus flasque que la plupart des modèles s’éveillent naturellement sur les programmes de TF1.<br />
A cette heure (20H50), et arrivé à cette extrémité, j’étais bon pour un bon coup de Ciné Dimanche. J’y étais préparé. J’avais assez de boue dans la tête pour engloutir « Les Charlots à St Tropez » ou n’importe quelle des bouses inoffensives qui sont habituellement programmées en ces lieux et temps.<br />
Et là, Paf ! Je me prends « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_patient_anglais">Le Patient Anglais</a> » en pleine tête. Ceux d’entre vous qui l’ont vu, savent à quel point il est déloyal de passer un tel film dans Ciné Dimanche. C’est aussi pervers, à mon sens, que de miner une porcherie.<br />
Je ne m’attendais pas à finir la soirée dans la peau d’un grand brûlé euthanasie à la morphine. Je ne m’attendais pas à découvrir le corps de ma bien aimée au fond d’une grotte saharienne. Ça non.<br />
A l’instant je serais prés pour le saut du balcon si j’habitais au dixième, mais hélas, j’habite au deuxième… (vous connaissez l’histoire : Sauter du dixième ça fait : « AAAAAAAAAAhhhhhhhh…Toc » alors que sauter du deuxième : «  Toc ! AAAAY ! »)<br />
Il me reste le Pierre Richard qui est programmé juste après.<br />
Finalement, TF1 a du bon …</p>
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		<item>
		<title>L’appendice animal</title>
		<link>http://www.voirleloup.com/prehistoires/l%e2%80%99appendice-animal.html</link>
		<comments>http://www.voirleloup.com/prehistoires/l%e2%80%99appendice-animal.html#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 07 Sep 2000 13:20:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nico</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préhistoires]]></category>
		<category><![CDATA[chien]]></category>
		<category><![CDATA[téléFuck]]></category>

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		<description><![CDATA[... Certes, point de conquistador sur ma plage, le port d'un plastron métallique est une contrindication absolue à la natation ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Les milles et une raisons d’éviter la plage</h4>
<h4>Le journal de l’été à Capbreton</h4>
<p><em>Le numéro 7 du 7 septembre 2000</em></p>
<p>(Prolongement théorique du <a href="http://www.voirleloup.com/prehistoires/une-question-de-conviction.html">n°5</a>)<br />
Je l’imagine exténué, endolori, acharné à retourner la terre jusqu’à son dernier souffle, comme l’avaient été avant lui ses ancêtres. Le bruit de casserole inhérent à tout transport de quincaillerie militaire a du éveiller son attention. Ajoutant un effort à la longue liste qui lui brisait déjà les reins, il a redressé sa pauvre tête trempée de sueur pour apercevoir &#8211; quelle stupéfaction ! &#8211; le premier conquistador. Le brave homme n’avait jamais vu de cheval et l’on raconte que lui et ces compagnons crurent un moment, qu’il s’agissait d’une seule et même entité, bicéphale et quadrupède. La suite leur montra qu’une telle surabondance d’organes ne garantie en rien la bienveillance de leur propriétaire…<br />
J’en vois qui sourient. Vous le trouvez naïf, mon indigène ? Soit ! Vous avez appris à l&#8217;école et à la télé ce qu&#8217;est un cheval (&laquo;&nbsp;Mammifère herbivore fabriqué dans le but d&#8217;organiser des jeux d&#8217;argent.&nbsp;&raquo;)<br />
Je n&#8217;ai pas la télé. Quant à ma scolarité, elle fut difficile. Le souvenir que j’en garde est légèrement plus terne que celui du jour où, sur une aire d’autoroute, je me coinçai le zizi dans une braguette métallique. J’avais trois ou quatre ans et entendais bien faire la démonstration de mon indépendance en faisant pipi tout seul. Il m’en cuit … comme il m’en cuit plus tard, à l’école, pour les même raisons.<br />
Ceci peut expliquer mon incapacité à assimiler le bon vieux sens commun qui manque aux centaures et à ceux qui croient en voir.<br />
Ainsi, l’autre soir, en sortant de l’eau, j’ai éprouvé un étonnement similaire à celui de mon agriculteur sud-américain. Certes, point de conquistador sur ma plage, le port d&#8217;un plastron métallique est une contrindication absolue à la natation, mais ce ne fut pour autant pas le calme plat.<br />
Autant vous le dire tout de suite pour éviter dix lignes d&#8217;un jeu de devinette absurde. Je suis tombé, comme je l&#8217;ai compris beaucoup plus tard une fois mes esprits retrouvés, sur un bus de touristes allemands, des vrais, des ventrus, élevés à la bière et à la saucisse, promenant chacun un chien, allemand aussi, je suppose*. </p>
<p>Voilà ce que j&#8217;aurais dit le soir même si l&#8217;on m&#8217;avait interrogé:</p>
<div id = "quote" style="font-size = 1em;">
<p>
&laquo;&nbsp;Ces créatures, car il y en avait plusieurs, réparties en petits groupes homogènes, occupaient les lieux depuis déjà un moment. Elles avaient échappé jusque là à mon regard. Sans doute ai-je pris l’habitude, en cette saison maudite, de traverser la plage comme un fantassin le champ de bataille: aussi vite que possible et sans étudier la faune locale, n’ayant pour but que de sauver ma peau. Mais, ce soir là, justement, il y avait du cessez-le-feu dans l’air, un petit quelque chose de paisible autorisant une hivernale nonchalance. Béni soit septembre.<br />
Contemplant donc, je contemple &#8230; l&#8217;horizon d&#8217;abord, les dernières vagues du soir s&#8217;effondrant sur le sable, puis, leur tournant le dos, les abords de la dune, quand soudain &#8211; maudit regard qui dévoile ce qui sied au ténèbres &#8211; je tombe nez à truffe avec une hardes de créatures absurdes, hexapodes velus, parcourant en rangs serrés l’allée goudronnée menant à l’eau.<br />
Depuis les nouveaux-nés vrillés de nos vents atomiques, depuis les cauchemars de Bruegel l&#8217;Ancien, depuis les jeux scientifiques du docteur Mengele, nous savons que le monstre chavire l&#8217;âme. Pour sûr, à ce moment, la mienne chancelle.<br />
Sentant mes jambes céder sous le poids du dégoût, je me ressaisis et évite la chute de justesse. Relevant la tête, j&#8217;affronte courageusement l&#8217;horreur.<br />
Hexapode, tenez vous le pour dit, cela veut dire &laquo;&nbsp;doté de six membres&nbsp;&raquo;, comme les insectes. Ceux-là circulent d&#8217;autant plus vite, en grand désordre, maintenant tout autour de moi. Étrange, mais nous passons ici les bornes de l&#8217;étrangeté, les deux pattes de derrière sont nettement moins velues que leurs quatre sœurs antérieures et frénétiques. Elles semblent parfois s&#8217;abriter sous un appendice graisseux, semblable à la bosse d&#8217;un dromadaire, qui valdingue ou pendouille.<br />
Une autre similitude avec les insectes, qui, j’en suis sûr, attirera la sympathie des entomologistes, est la séparation du tronc en deux parties distinctes (antérieure postérieure) reliées par une fine colonne. Cette caractéristique est poussée ici à l’extrême, au point que l’on se demande comment un influx nerveux raisonnable peut se mouvoir au travers d’un tel goulet (la taille n’est constituée que d’une simple lanière !). Un tel défaut de constitution ne peut se passer de symptôme, ainsi interprète-je l’acharnement défécatoire de ces êtres, si prompts à décorer la plage, ainsi que l&#8217;odieuse cacophonie qu&#8217;ils produisent.<br />
A ce stade du vertige, je reçois sans broncher la conversation ininterrompue qu’entretiennent les parties antérieure et postérieure, comme s’il était normal de répondre à des aboiements par des onomatopées, comme si deux parties d&#8217;un même être devaient communiquer de vive voix.<br />
[...]<br />
Je m&#8217;enfuis &#8230;
</p>
</div>
<p>*&#8230; mais non, point d&#8217;anti-germanisme primaire. En cherchant un peu, on trouve des allemands moins précieux que &#8230; Mahler. Je côtoie parfois des Français moins précieux de Ravel &#8230; Tout est normal.</p>
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